Dabou, les origines !

Selon Harris Fotè Memel, le célèbre sociologue ivoirien, les premiers villages Adjoukrou ont été fondés par des populations venues de l’Ouest de la Côte d’Ivoire. Plus tard, avec la migration des peuples Akan, des familles de culture Akan vont s’agréger peu à peu à ces populations. Les Adjoukrou vont être dominés par des traits culturels Akan, passant de la succession patrilinéaire à la succession matrilinéaire.

L’histoire raconte que le peuple du Leboutou a séjourné longtemps en pleine forêt. Vers Gagnoa et Divo. C’est sous la pression des Bété qu’ils traversent le (fleuve) Bandama pour s’établir au bord de la lagune Ebrié, autour de la savane de Dabou. Nous sommes au 15e siècle.

A leur arrivée, la région est occupée par des populations d’agriculteurs et de pêcheurs. En 1852, les Adjoukrou passent un traité d’alliance avec le Capitaine Faidherbe. A la suite de ce traité, un fort est construit en 1853 et donne naissance à la ville de Dabou.

Des Hommes et des Classes

La tradition occupe une place très importante dans la société Adjoukrou repartie en 7 classes d’âge : les Badji, Sété, N’djorman, Abriman, M’bédié, M’borman et Nigbessi.

Chez eux, le critère de recrutement n’est pas la classe d’âge du père, mais la catégorie perçue comme le rassemblement des hommes nés au cours d’une période de huit ans. Le cycle des classes d’âge est de 56 ans. D’où l’intérêt des fêtes de génération qui sont des moments de réjouissances et de de retrouvailles auxquelles doivent participer tous fils et filles natifs de Dabou.

Des fêtes de génération

Le Low. C’est la fête initiatique des jeunes garçons dont l’âge est compris entre 15 et 23 ans. Elle a lieu tous les deux ans, dans tous les villages, pendant les vacances.

Le Dediakpa. C’est l’équivalent du Low, chez les jeunes filles.

L’Agbandji. C’est la fête de richesse, de noblesse ou de reconnaissance. C’est la célébration de la fortune accumulée durant des années de dur labeur. C’est aussi l’occasion de manifester sa reconnaissance à la société sinon à sa communauté entière pour son soutien et ses actions qui ont contribué à forger sa personne et son bien-être.

L’Ebeb. C’est la fête des patriarches ou passation de pouvoir. C’est la démonstration d’un véritable modèle de démocratie rationnelle et de passation pacifique du pouvoir.

Texte & Photos : Cyriac Gbogou

*article réalisé avec la collaboration du Service Socio-culturel de la Mairie de Dabou.

Publicités

4 Comments

Add yours →

  1. Très bel article!

    J'aime

  2. Chroniques à l'Ivoirienne... 7 février 2015 — 18 h 10 min

    Dabou, une ville où j’ai su que les Adjoukrou avaient une descendance bété

    J'aime

  3. Chroniques à l'Ivoirienne... 7 février 2015 — 18 h 11 min

    Beau billet!

    J'aime

Donnez votre avis

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion /  Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion /  Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion /  Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion /  Changer )

Connexion à %s

%d blogueurs aiment cette page :