Chez les Avikams, manger est un art subtil

Grand-Lahou est peuplé par les Avikams. Même si aujourd’hui c’est plutôt une population cosmopolite, les traditions n’ont pas varié. Surtout quand il s’agit de manger ensemble. Découverte.

Chez les Avikams, on s’attable à même le sol en formant un cercle, selon les catégories. Les hommes d’un côté, les enfants aussi et les femmes d’un autre côté. Le chef de famille se met au centre. A sa droite l’adulte le plus âgé, puis le deuxième plus âgé, jusqu’au plus jeune qui doit se trouver à sa gauche.

Le repas commence par les plats de la femme la plus âgée, puis ceux de la deuxième plus âgée, ainsi de suite. Lorsqu’il y a un reste, on le remet au chef de famille qui en décidera.

La prise de repas est une occasion pour le chef d’éduquer encore ses enfants et de repérer les meilleurs d’entre eux. Il saura ainsi à qui confier des tâches importantes dans la gestion des affaires familiales ou même qui passera à la table des grands.

Dis-moi comment tu manges, je te dirai qui tu seras

Chez les Avikams, il ne faut pas se laisser emporter par le plaisir que (vous) procure la nourriture. C’est pour cela qu’il faut manger avec tact. « Vous devez manger devant vous et non aller piocher devant votre voisin, exprimant ainsi le respect de la position de chacun », explique un notable du village. Les plus jeunes ne doivent pas regarder le chef de famille dans les yeux pendant le repas.

L’attiéké, mets principal de la région, est servi en forme de dune, dans un large récipient en terre cuite. En ne mangeant que sur les côtés, le haut de la dune, ne doit tomber que du côté du chef de famille lorsque celui-ci mange avec des plus jeunes. Il faut donc se retenir de piocher dans l’attiéké jusqu’à ce que la dune tombe du côté du chef de famille. « Dans le cas contraire, vous êtes expulsé du cercle, et après le repas, vous avez en charge les corvées ».

Le chef de famille remet à chacun son morceau de poisson qu’il faut tenir dans la main gauche. Il observe le rythme avec lequel l’enfant mangera son poisson. « S’il le fait avec une certaine vitesse, cet enfant se positionne comme quelqu’un qui n’a aucune patience et qui ne saurait gérer les biens de la famille, il se dépêchera de les dilapider ».

Texte : Marie-Josephe Koutouan & Photo : Jacques Kouao

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4 Comments

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  1. merci…mais je crois que c’est un peu pareil chez les baoulé aussi. en vous lisant je me rappelle mon enfance au village auprès de mes grand-parents c’étaient les même rites

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  2. Très bel article! Je kiff

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  3. A travers un simple repas nous voilà plongés au coeur de la culture d’un peule. Très bel article, le sujet fut bien choisi!!

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